Anne-Marie Sicotte
Née au sein d’une famille d’écrivains, j’ai pondu mes premiers romans d’aventure à l’âge de dix ans. Mon lectorat initial fut constitué de mes consoeurs et confrères étudiants de l’Université de Montréal, où j’ai obtenu en 1984 un baccalauréat en histoire et en anthropologie tout en signant des papiers dans les pages de plusieurs journaux étudiants. J’ai ensuite poursuivi mes activités journalistiques au sein de plusieurs revues et journaux, en tant que collaboratrice ou rédactrice en chef.Cependant, dès mon entrée dans le monde professionnel, j’ai pu allier ma passion pour la science historique avec celle de l’écriture, en acceptant la responsabilité de deux publications de vulgarisation historique pour le compte du Lieu historique national du Canal de Lachine, à Montréal. En parallèle, je me suis laissée emporter par le projet stimulant d’écrire la première biographie complète de l’artiste Gratien Gélinas, mon grand-père, dans laquelle j’ai tenté de rendre justice autant à la fragilité de l’homme qu’à la révolution qu’il a opérée dans l’imaginaire collectif canadien-français.

Après avoir couvé trois poussins, j’ai repris la plume pour tenter de fusionner, à mon amour pour la photographie, ma préoccupation de mettre les richesses et les enseignements du passé à la portée du grand public. J’ai donc engendré trois livres d’images, le premier sur l’industrialisation des villes, et les deux autres sur un Québec difficile à imaginer, celui du règne de la religion catholique et de ses institutions. Mais résonnait de nouveau en moi l’appel de la biographie, qui fournit un extraordinaire recul pour observer les actes humains. L’une des plus importantes féministes québécoises s’est ouverte à moi : c’est devenu Marie Gérin-Lajoie : Conquérante de la liberté.

Depuis ma prime jeunesse, l’appel de la fiction résonnait en moi comme le ressac d’une paisible marée. Deux courts récits biographiques romancés et deux romans, dont une œuvre jeunesse, ont ponctué le chemin qui m’a mené jusqu’à la saga historique Les accoucheuses, dont le dernier est paru en 2008. Forte de son succès, je me suis laissée emporter vers une autre époque cruciale de notre histoire, celle des Rébellions de 1837 et 1838, que je fais revivre avec une série romanesque et minutieusement fouillée, Le pays insoumis.

Site internet: www.amsicotte.com

Anne-Marie Sicotte a été membre du jury et artiste invitée pour le premier cabaret Langues pendues (printemps 2012). Elle est membre fondatrice et présidente des Productions Langues pendues.

© photo: Marilène Lucas