Anne Genest écrit comme elle court, guidée par le souffle et l’endurance. Elle vit à Longueuil et ancre son travail dans le corps en mouvement en tant que lieu de pensée. Elle écrit en épousant les ruptures, les reprises, la fatigue.
Son travail se situe à la croisée de la littérature et du réel, là où l’expérience vécue devient matière à penser, à écrire et à transmettre. Autrice du recueil de nouvelles Les papillons boivent les larmes de la solitude (L’instant même), de Fécondes (Leméac), de La sueur est un désir d’évaporation (Libre Expression) et du roman Le Dénuement (Stanké), elle développe un projet où fragments, scènes de course et mémoire sociale s’entrelacent. L’écriture progresse par strates, attentive aux paysages ordinaires et à ce qui persiste sous l’effort.
Son histoire tisse des liens entre endurance physique et expérience intime. La course à pied y dialogue avec les épreuves de la vie, dans une réflexion sur la durée, la résistance et la transformation.
À travers une écriture fragmentaire, elle interroge les récits dominants de la performance et propose un contrepoint sensible, attentif aux rythmes lents, aux trajectoires marquées par la précarité et aux formes de résistance discrètes.
Parallèlement, elle travaille comme rédactrice. En résidence, elle poursuivra son manuscrit en cours, cherchant des formes capables de saisir le mouvement sans le figer, de laisser le souffle traverser la phrase et d’ouvrir, dans la langue, un espace où le corps pense.
Anne Genest est lauréate de la septième édition de la Résidence d’écriture aux Îles de la Madeleine 2026.
Photo : Alexandra Pouliot.